LES MALHEURS DE MIDAS

 

 

 

Acte I. Scène 1. Midas, Silène et trois déesses - Héra, Athéna, Aphrodite-(La scène se passe dans la forêt).

 

MIDAS ( à Silène ) :  Eh, réveille-toi !

SILENE :  A boire !

( Une déesse lui jette en riant un verre d’eau à la figure).

SILENE : Au secours je me noie !

MIDAS : Contrôle de police !

SILENE : Me touche pas, tu sais pas à qui tu as affaire !

MIDAS : Je veux pas de SDF dans mon royaume.

SILENE ; Eh, attention, j’ai un copain haut placé, moi !

MIDAS : Où ça ?

SILENE : Sur l’Olympe.

MIDAS : Ouf ! Je croyais que c’était mon prof de Maths. Si c’est que ça, viens boire un coup dans mon palais. (Ils sortent)

 

 

Scène 2. Midas, Silène, Dionysos, trois déesses, la femme de Midas, la fille de Midas. (Un peu plus loin devant le palais de Midas).

 

 

 

DIONYSOS (En apercevant Silène):  Eh bien, le voilà ! Depuis le temps qu’on le cherche et déjà en train de boire dès le petit déjeuner.

 

MIDAS ( se rue sur le dieu et lui prend les jambes) : : C’est moi qui l’ai trouvé !

(Il voit les déesses) : ( A Aphrodite)…Belle asperge ! ( A Héra)… Vieille beauté !(A Athéna)…Chouette !

LES DEESSES : ( elles passent devant lui et lui donnent chacune une gifle )

MIDAS ( commentant à chaque gifle) : Rebelle ! Encore ! Le trio infernal !

( Sa femme lui donne aussi une gifle )

DIONYSOS (à Midas) : Tu as retrouvé mon cher Silène, demande-moi tout ce que tu veux.

MIDAS : J’en sais rien, moi. J’ai besoin d’air pour réfléchir. (Il fait un tour de trottinette).

SA FEMME (elle crie) : Demande la nouvelle cuisine Schmidt.

SA FILLE : Demande le CD de Star Académy.

MIDAS (il s’arrête devant les trois déesses. Elles lui soufflent quelque chose à l’oreille) : Mais c’est bien sûr ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ! (A Dionysos) : Je veux voir la vie en or.

DIONYSOS : Explique-toi !

MIDAS : Tout ce que je touche, hop, en or !

DIONYSOS : C’est ton choix.

MIDAS : C’est mon choix, sans aucun doute, y’a pas photo !

DIONYSOS : C’est ton dernier mot ?

MIDAS : Oui, c’est mon dernier mot Jean-Pierre…euh, Dionysos.

DIONYSOS : Ca y est, c’est fait. Il suffisait de demander.

MIDAS : Quoi ? Si je prends cette pomme, j’en fais une boule de pétanque en or ? (Il plonge la main dans un saladier et en sort une pomme en or).

DIONYSOS : On n’a plus rien à faire ici. (Il sort avec Silène).

 

 

Scène 3. Midas, sa femme, sa fille, les déesses.

 

MIDAS : Ah, j’y crois pas ! (Il court après les trois déesses qui s’enfuient en criant. Il se retourne vers sa fille). Dans mes bras, ma chérie !

LA FILLE (Elle part en courant) : Papa, arrête !

LA MERE : Cours, mon petit poussin.

LA FILLE (Elle tape du pied) : Je te déteste, t’as pas demandé mon CD, t’es méchant. Y aurait pas un téléphone que j’appelle le 119 enfants maltraités ?(Elle part bouder derrière le palais).

MIDAS : (Il la suit en tendant les bras pour la consoler). Ne pleure pas mon bébé. (On entend crier la fille. Il reparaît). Oups ! Je crois qu’il y a comme un problème !

LA MERE : Qu’est-ce que tu as fait à mon poussin ?

MIDAS : Depuis le temps que je l’appelle mon trésor, celle-là !

LA MERE : Je demande le divorce…Et je garde ma fille.

MIDAS : Et ta fille, tu vas la mettre dans le jardin avec les nains ? Arrête de t’agiter, je vais chercher une échelle et je grimpe sur l’Olympe.

LA VOIX DE DIONYSOS : Qu’est-ce qui se passe encore ?

MIDAS (regardant le ciel) : J’ai un autre vœu, s’il vous plaît monsieur. (Les déesses se moquent de lui et lui envoient des boulettes).

DIONYSOS : Je ne suis pas le génie de la lampe.

MIDAS : Allez, tu accouches ou tu ponds ? Fais un miracle, que tout s’arrête.

LES DEESSES : Oh happy day !

DIONYSOS : Va prendre un bain de pieds dans les sources du Pactole, après ça ira mieux.

 

 

ACTE III. LES OREILLES D’ANE

Scène 1. Midas, Apollon, Marsyas, les déesses.( Dans la forêt.)

MIDAS : (Il revient des sources du Pactole) : Ah, ça va mieux ! Mais on peut pas dire que j’ai touché le pactole dans cette affaire. (Il rit. Il entend de la musique) Ca serait pas une rave-party que j’entends ! (Il va voir. Il découvre Apollon et Marsyas. Il se met à danser).

APOLLON : D’où sort-il ce pitre ?

MIDAS : Je me présente, Midas,  profession : roi de Lydie.

LES DEESSES : mon cher Apollon, voilà le juge qu’il te fallait pour vous départager.

APHRODITE : Un juge, mon œil ! Un crétin, pur fruit, pur sucre ! (Les autres  déesses la font taire).

APOLLON : C’est le seul juge qu’on ait sous la main, on va faire avec.

MIDAS : Super…Mais au fait, de quoi parlez-vous ?

LES DEESSES : (Elles lui soufflent à l’oreille. Brouhaha…)…Musique…Concours…Choisir…Meilleur…

MIDAS : Ca marche, j’ai pigé.( Il met ses lunettes , croise les bras). J’écoute, maestro.

(On entend la lyre d’Apollon : Midas fait d’affreuses grimaces. Puis, Marsyas souffle dans sa flûte. Midas sourit. Il sort deux cartons : 2 et 0. Il donne 20 à Marsyas puis inverse les cartons et donne 02 à Apollon).

APOLLON : Qui m’a donné un âne pareil ?(Il tend son bras vers Midas qui s’enfuit en courant).

 

Scène 2. Midas, un coiffeur.

MIDAS : Ouf, je l’ai échappé belle ! Qu’est-ce que je pourrais bien faire maintenant ? Tiens, si j’allais chez le coiffeur ? (Il voit l’étal d’un coiffeur. Celui-ci rit). Est-ce que tu peux me couper tout ça ?

LE COIFFEUR (Il rit) : Je coupe tout ?

MIDAS : Tout !(Il s’assied). Ah, les coiffeurs, de nos jours ! (Il se regarde dans le miroir). Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle. Il faut que j’arrête de regarder le DVD de Blanche-Neige. (Il voit ses oreilles dans le miroir.Il pousse un cri. Le coiffeur s’approche avec les ciseaux). Non, pas tout ! Tu as un bonnet ? (Le coiffeur lui en donne un.) Toi, si tu dis quelque chose, t’es cuit !

LE COIFFEUR : Mais je pourrai jamais garder un secret pareil !

MIDAS : T’as qu’à creuser un trou et crier dedans (il s’enfuit)…

 

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