The Golden Age, 1605
Joachim Wtewael (Dutch, 1566–1638)
Oil on copper; 8 7/8 x 12 in. (22.5 x 30.5 cm)

 

 

ANALYSE DE L'IMAGE

L'image est coupée en quatre carrés. Ceux du bas montrent des corps nus, assis, allongés et debout. Les carrés du haut ont la verdure des arbres, entrecoupés par le bleu du ciel. Le regard est tout de suite attiré par le premier plan, là où la lumière se reflète sur les corps. Une harmonie se dégage du tableau, et tout se mêle sans se mélanger: le bleu du ciel se retrouve dans la rivière, le corps des humains se mêle au vert des arbres. On retrouve une unité entre les personnages: l'enfant dans les bras de sa mère dont les jambes se trouvent dans les bras de l'homme. La nourriture naturelle est également présente en abondance, que ce soit dans les mains du bébé ou sur les branches de l'arbre, prête à être cueillie.

        

 

 

 

 

Hendrick van Limborch
Les Plaisirs de l'âge d'or
Paris, musée du Louvre

huile sur toile
1718
64 cm x 84 cm

 

ANALYSE DE L'IMAGE

Ce tableau présente de forts contrastes, que ce soit dans ses couleurs ou ses thèmes.

La lumière, dans ce tableau, est directement dirigée sur les personnages au centre: un homme parlant à une femme, qui, elle, tient un enfant par la main. L'image paraît insister sur la transmission du savoir et l'unité parmi tous les humains, ce qui serait, du point de vue du peintre, une vision plus pure de l'Âge d'or que celle présente ailleurs, c'est-à-dire manger, rire et danser. On voit justement les autres personnages mangeant et dansant plus sombres que ceux au centre. Le ciel et les arbres sont également beaucoup moins éclairés. Au premier plan, à droite, on voit une mare d'eau pure dans laquelle seuls des enfants se baignent.

 

 

 

 

         La légende

L’Âge d’or, le temps où Chronos régnait encore, est le premier des cinq âges. Les hommes étaient immortels et vivaient en harmonie avec les dieux. La Terre, fertile, produisait tout d’elle-même. Les hommes ne connaissaient ni guerre, ni vieillesse, ni peine, ni souci, ni misère.

       Par la suite, il y eut l’Âge d’argent, le temps où régna Jupiter, puis l’Âge  de bronze, caractérisé par la guerre, suivi de l’Âge de fer, et enfin, l’Âge d’airain    .

       Cependant, selon les Grecs, ce fut l’Âge d’or qui  fut l’âge parfait.

 

 

 

 

         Traduction

 

Au premier âge, l’Âge d’or, aucun homme ne faisait régner la justice selon une autre volonté que la sienne.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

Ceci permettait de cultiver  la confiance  et la droiture.

La crainte et le châtiment étaient inconnus, et les petites lois elles-mêmes n'étaient ni gravées dans le bronze, ni lues.

 Le suppliant  troublé  ne craignait  pas la bouche du juge; on se défendait  sans justicier.  Les hommes ne tuaient pas encore leurs semblables.

 La forêt de pin, recouvrant la montagne, était descendue jusqu’aux flots limpides. Aucun mortel ne connaissait  de rivage au-delà de celui qui l’avait vu naître.

 Les fossés n’entouraient pas encore les oppidums: nul besoin de fortifications car ni la trompette guerrière ni la corne courbée en bronze n’étaient utilisées.

On ne portait  ni le casque, ni l'épée, et larmée n'avait pas lieu d'être, car les nations vivaient en paix.

 

La Terre donnait tout d’elle-même, ni molestée par la bêche, ni éventrée par la charrue.

On cueillait sans aucun effort une nourriture satisfaisante: des fraises sauvages, une multitude de fruits rouges de l’arbousier et du cornouiller, ainsi  que des glands tombés  de l’arbre de Jupiter…

 

Un printemps éternel régnait. La brise du Zéphyr, douce et tiède, caressait les fleurs nées sans avoir été semées, et, sans labours, la terre produisait d’abondantes récoltes.

Cette terre, en perpétuelle renaissance, portait maternellement des fruits, alourdie d’épis de blé, telle une femme enceinte.

 

   En ces temps-là, les fleuves étaient de lait,

   En ces temps-là, les cours d’eau de nectar,

   Et le miel doré s’écoulait  goutte-à-goutte

   Des chênes verts.

 

    Prolongements du mythe

      

       Les mythes sont des légendes archétypales que l’on retrouve dans de multiples civilisations.

On trouve bien évidemment le mythe se référant à l’Âge d’or chez les Grecs.

Dans une civilisation  assez éloignée de la Grèce pour qu’il n’y ait pu avoir ni échange ni plagiat, - la civilisation amérindienne -  on retrouve aussi  des textes faisant référence à un âge où l’homme ne manquait de rien :

« …Vois-tu, dans ces temps très, très anciens, ils vivaient encore dans leur paradis, par-dessus les nuages. (..)Là-haut, ils trouvaient tout ce dont ils avaient besoin »

« COMMENT LES INDIENS SONT VENUS AU MONDE »

     Vladimir ULPACH Contes et légendes des Indiens d’Amérique

      

       D'autres légendes décrivant un monde utopique ont fleuri de tout temps, tel l’Eldorado, au moment de la découverte des Amériques.

 

       Si les mythes sont des ponts entre peuples d’ici et d’ailleurs, ils le sont aussi entre ceux d’hier et d’aujourd’hui. En effet, les Chrétiens et les Juifs d’aujourd’hui font aussi  référence à la GENÈSE, premier chapitre de leur livre saint, comportant la description  d’un d’Âge d’or :

   « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la Terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture »

GENÈSE (versets 29-30)

 

       L’âge d’or est donc bien un mythe unissant la race humaine par-delà les frontières géographiques et temporelles…

 

 

 

     Analyse

       Ce mythe symbolisait pour les Romains un passé meilleur : le fait qu’il n’existe pas de saisons symbolisait l’arrêt du temps, en quelque sorte, la réfutation  du topos illustré par cette phrase célèbre: « semper tempus fugit irreparabile. ».

       Certains utopistes placent l’âge d’or non pas au début mais à la fin, comme symbole du progrès ou d’un cycle éternel.

       On remarque également que dans l’âge d’or des Grecs, les femmes n’existaient pas, ce qui n'est pas sans évoquer ainsi la tradition biblique.

       A chacun de s'interroger: la nostalgie d'un monde meilleur ne saisit-elle pas chaque Homme?