Néron le mal -aimé de l’histoire

 

                          Claude Aziza, coll. Gallimard découverte.

                          Article de Clément Carle 2°13

 

                          Au CDI : 937.NER

 

   « Qualis artifex pereo » (quel artiste meurt avec moi !).Ainsi furent les dernières paroles d’un empereur réputé des plus débauchés et mégalomanes de l’Histoire de l’empire romain. Certains voyaient même en lui le diable en personne, mais voici une marche que l’auteur n’a pas franchie. Dans cette nouvelle biographie de Néron, Claude Aziza cherche en effet à relater la vie de l’empereur ainsi qu’elle fut en toute objectivité.

 

 

         Son ouvrage se distingue par sa partition. Exit l’organisation chronologique bienvenue dans l’ère de la thématique. Avec la mort de Néron en préambule, le lecteur est immédiatement captivé et découvre au travers de quatre chapitres d’une vingtaine de pages qui fut Néron. De sa descendance mythique et glorieuse en passant par son ivresse progressive  du pouvoir et sa difficulté à maintenir l’unité au sein de l’empire, le lecteur est envoûté par un récit sans concession et termine son voyage historique par la chute inexorable de l’empereur et sa mort, fermant ainsi la boucle ouverte soixante-dix pages auparavant. Finalement, dans une cinquième partie originale, l’on suit l’évolution de la perception du mythe Néronien.

 

         En plus d’un contenu éclairé et intéressant, ce livre adopte une présentation soignée et agréable à la lecture. Elle est agrémentée de nombreuses illustrations antiques et autres peintures plus ou moins tardives ainsi que des photos extraites de célèbres péplums ayant marqué les années 60-70(1900). Il est également important de rappeler que sa vie et les informations le concernant sont présentées de façon ludique et simple. De même, certaines mondanités sur l’empereur  donnent l’impression de lire la presse à scandale d’il y a 2000 ans, la finesse et le respect en plus. C’est donc une investigation dans les plus hautes sphères de l’empire avec différentes sources. Claude Aziza est parfois cependant obligé de contredire des auteurs comme Suétone qui selon le contexte dans lequel ils ont écrit, ne sont pas pleinement objectifs. Il défend ainsi Néron et réfute le nom de Grand  Diable pour celui d’artiste incompris mais tout de même frappé de démence. Enfin, l’on retrouve à la fin du livre  une vingtaine de pages consacrées à des textes d’époque et différents documents dont des extraits du célèbre livre de Sienkiewicz, « Quo vadis »

 

 

         Néron le mal-aimé de l’histoire aux éditions Gallimard est donc une biographie atypique de par la thèse défendue par l’auteur et grand public par sa forme et ses formulations. Claude Aziza n’apparaît cependant pas très convaincant et ne parvient pas à donner une image de Néron autre que celle d’un empereur fou et sanguinaire. En revanche, son œuvre se distingue des autres biographies complexes et ennuyeuses et constitue donc une source d’information riche pour qui n’a pas le courage de lire un pavé historique, aussi intéressant soit-il.