Les Peuples gaulois

IIIe-Ie siècle av. J.-C.

 Stephan Fichtl

                                                                     Éd. Érrance

                                               Dans ce mémoire paru aux éditions Errance, Stephan Fichtl se penche sur l'organisation des peuples gaulois du IIIème au Ier siècle avant notre ère. La conquête des Gaules n'ayant été entreprise qu'en -58, c'est la structure des peuples gaulois, exemptée de toute influence romaine qui est étudiée. Jules César fut témoin de cette societé et nous l'a fait connaître avec le De Bello Gallico. Il parle ainsi de civitas en référence à l'organisation gauloise. C'est cette notion de civitas que Stephan Fitchl a cherchée à mieux comprendre et en voici l’exposé.

 

                        L'occurence très importante de civitas dans la Guerre des Gaules contraste avec celle des autres mots de vocabulaire du territoire. Le sens de civitas acquiert donc une dimension significative. A l'époque de César,  c'est l'acception de ce nom en tant que regroupement de peuples qui prime. La civitas gauloise n'est donc pas tant une cité, une région, qu’un groupe ethnique. De plus, il est intéressant d'observer que dans la toponymie française actuelle, la survivance des noms des peuples est plus importante que celle des noms d'aglomérations. Paris en est l'exemple parfait. Le nom actuel vient en effet du peuple des Parisii et non du nom antique de la ville, Lutèce.

                        De par sa définition, envisager des limites précises de ces civitates semble alors  compliqué. Cependant, les propriétés privées et publiques étant reconnues en Gaule, il est impossible qu'aucune frontière n'ait été présente. En outre, des bornes ont été trouvées à proximité du col de Saverne. Par ailleurs, si l'existence de limites est admise, leur établissement reste incertain. Plusieurs études tendent  à montrer qu'elles se rapprocheraient de celles des diocèses du Moyen Age, mais le doute est de mise. En effet, les frontières étaient amenées à changer au gré des différentes luttes d'influence entre civitates voisines. Cela supposait donc des relations entre voisins qui se  traduisaient notamment par  des conseils inter-civitates et même un conseil 'national', le Consilium Totius Galliae.

                        La civitas, qui disposait de plusieurs oppida, était systématiquement découpée en pagi, ce qui faisait d'elle une fédération. En effet, elle n'avait généralement pas de chef-lieu, bien qu'une amorce de centralisation ait été observée vers le IIème siècle avant Jésus-Christ. Elle n'avait pas non plus d'unité monétaire ou culturelle. C'est en fait l'influence commerciale qui conditionnait ces aspects. Cependant, les civitates disposaient de magistrats, les vergobrets qui, élus pour un an, avaient la charge de l’administration. Ils servaient un régime oligarchique qui, peu à peu, avait fait disparaître la royauté. La mise à mort du père de Vercingétorix, pour avoir tenté de favoriser un roi, est d'ailleurs un exemple de cette évolution.

                       

                        Contrairement aux préjugés, les peuples gaulois n'étaient donc aucunement des Barbares. Ils vivaient en effet dans des territoires clairement définis, rassemblés entre peuples et surveillés par le regard bienveillant de leur administré élu. Ils vivaient dans ce que Jules César appelait Civitas.

 

Article de Clément Carle, terminale Latin, 2008-2009.

 

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