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                        RELIGION ET SOCIÉTÉ EN GAULE

                                     (Editions Errance)

 

          Les opinions sur la religion celtique ont radicalement changé au cours des âges. Si à la Cour de Louis XIV, les Gaulois étaient considérés comme des barbares sanguinaires, l’importance et la richesse de leurs coutumes, ainsi que le savoir de leurs druides, furent reconnus dès 1830, cela grâce aux fouilles et à l’étude anthropologique de mœurs gauloises.

         Ce livre s’intéresse à ces deux visions et nous emmène faire un véritable voyage dans le temps, agrémenté d’anecdotes, de photos, et d’analyses d’objets de l’époque.


         On distinguait, en Gaule, une religion populaire, fondée sur la relation homme - dieux. Il existait également une religion savante, dont les druides étaient les mains suprêmes. Il est passionnant de voir leurs calendriers d’une extrême précision, leurs pierres levées dont la signification échappe encore aux savants et historiens, et enfin leur représentation du ciel qui a établi nos horoscopes actuels. Tant d’objets insolites soulèvent de nouvelles questions : un disque de bronze faisant office de plan céleste, un calendrier à trous, le « chaudron de Gundestrup » - chef d’œuvre d’argent d’âge inconnu- statuettes de dieux, casque de cérémonie…On peut comprendre que leur civilisation ait fait l’admiration de beaucoup, notamment de Chateaubriand, qui est souvent cité dans l’ouvrage.

Le caractère essentiel de la religion dans la vie gauloise apparaît au fur et à mesure des pages du livre.

         La religion celte est caractérisée par la diversité des tribus qu’elle rassemble et par son grand nombre de dieux dont le culte est peu répandu. Jupiter Teutanus, alliance du dieu romain et du dieu celte aux mêmes attributs, semble néanmoins fédérer ce culte. Les centres religieux celtiques étaient souvent situés sur des oppida, alliant ainsi les fonctions politiques, religieuses et économiques des centres. L’oppidum de Titelberg est particulièrement remarquable et peut servir de modèle, avec son espace public protégé par des douves, un temple gallo-romain, une halle de 15m sur 14 et ses nombreux ossements d’animaux.

         L’étude de la reconstitution du site d’Arcy-Romane, un centre religieux celtique, permet d’explorer de nouvelles dimensions de la religion des Gaulois. Sa particularité réside dans la présence de 19 inhumés assis, dont le corps a été précédemment séché dans une caisse dans un sanctuaire, sur une esplanade réservée. Certains de ces hommes ayant été tués, il est probable que cette pratique ait été considérée comme infamante par les Celtes. Cela témoigne de la valeur du rituel du sacrifice, et de l’extrême importance que lui accordaient les Gaulois.

         Il y a une trentaine d'années, des chercheurs découvrirent  des lieux de cultes gaulois, où des offrandes d'objets et des restes de sacrifices d'animaux, tels que des os et crânes de bovidés, furent retrouvés. La question du rôle des druides apparut : fallaient-ils leur attribuer l’appellation de sacrificateurs ou de sages?

Une des plus grandes découvertes, celle de crânes humains, apporte un élément de réponse. Ces ossements correspondaient soit au rite de la victoire, après une guerre, où les Gaulois ne prenaient que les têtes des vaincus comme offrande, soit au rôle de la justice, comme punition. Le lieu de culte n'avait pas seulement un rôle religieux, mais également social et politique. Ainsi on retrouva des jetons dans ces lieux, preuve d'activités sociales. En effet, les grandes décisions politiques n'étaient jamais prises sans consultation des dieux.

La religion celte se caractérise également par un grand nombre de sacrifices d’animaux variés : les caprinés, le porc, le chien, le bœuf et le cheval. Il est intéressant d’examiner les différentes modalités de sacrifices : l’étude des dépôts d’ossements issus de ces pratiques révèle une importante différence entre le nombre d’ossements droits et gauches, dénotant une symbolique bien particulière. On a aussi également observé que certains sacrifices avaient été suivis de la consommation de la chair animale, alors que d’autres animaux, essentiellement les chevaux et les bœufs réformés, ont été enfouis tels quels. Les nombreuses coutumes qui sont décrites au long des pages et les photos qui les illustrent achèvent de nous renseigner sur la richesse des pratiques rituelles celtiques.

 

Article d’Alice Gaudillat, Marie Monmousseau et Alizée Moreau (TS6).

Au CDI : 936.4 GOU